"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.

Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."

Alexandre Jardin, Le Zubial

22.7.17

Ces choses inavouables que je ne peux dire qu'à vous...

Je suis une fan inconditionnelle de Pierre Bellemare.

Je dois avoir lu plus de la moitié de ses récits, même les plus improbables. J'ai un plaisir à l'écouter à la radio qui rend mon amoureux presque jaloux.
Il préfère de loin que je lise ses récits les plus effrayants le soir quand nous sommes ensemble, afin de me blottir dans ses bras musclés pour réussir à m'endormir.

Vous ai-je dit que les biceps de mon bûcheron m'ont littéralement fait fondre lors de notre première rencontre ? Non pas qu'il soit de ces bodybuildés qui les exhibent vulgairement, non, mon homme est un terrien qui n'a pas peur des travaux physiques et a développé un corps à l'avenant, tout comme ses frères élevés au même régime.
*Petite pause dans le récit : ne le lui répétez pas car il déteste que je vante son physique, monsieur est modeste et n'aime pas que je le traite en chippendale... il n'empêche, je suis folle de son corps.
J'ai tenté de le prendre en photos endormi nu et superbe comme une statue de Michel-Ange, à son insu, mais monsieur a surpris mon manège et supprimé lesdites photos.
Il m'a accordé quelques clichés en maillot de bain la semaine dernière, je vais éviter de les emmener au boulot, je ne pourrais plus me concentrer.* Fin de la petite pause dans le récit.

Bref ! Je suis fan de Pierre Bellemare, pour sa façon de conter, autant que de Lucchini pour son phrasé distrayant et sa truculence, même exagérée.
Si on considère que récemment, en pleine crise nostalgique, j'ai écouté du Gilbert Montagné, je gage que plus personne ne voudra m'adresser la parole.



5 fruits et légumes par jour

Il paraît que c'est bon pour la santé, mais j'ai encore mieux pour être en bonne santé : 5 petits ou grands plaisirs par jour.

Avec la séparation, puis le divorce, très difficiles mes enfants ont traversé ces dernières années des moments extrêmement tristes et anxiogènes, alors comme le soir quand nous dînions ensemble les longs silence ou les disputes (pour évacuer les tensions) me tordaient le cœur j'avais mis au point un rituel.
Après que chacun ait raconté sa journée, ses problèmes et ses états d'âme (en nous écoutant respectueusement les uns les autres), nous devions pour clore la conversation, avant de quitter la table, raconter obligatoirement chacun 3 bons moments de notre journée.

Les premières fois nous eûmes bien du mal à trouver ces 3 choses qui nous avaient fait plaisir, puis ce fut de moins en moins difficile, puis il y en eut rapidement plus de 3. C'est souvent que nous finissons le dîner avec le sourire et le gardons jusqu'au moment de nous endormir.

Avec le temps je me suis rendue compte qu'inconsciemment nous avons tous tendance à provoquer ces bons moments que nous avons plaisir à nous raconter le soir et s'il est vrai que la fatigue, mon travail stressant, l'adoleschiance (copyright Bellzouzou) et les examens de fin d'année scolaire ont trop souvent eut raison de notre bonne humeur ces derniers mois, je constate avec plaisir que désormais mes enfants n'attendent plus le dîner pour me raconter leurs bons moments de la journée. Dès que je passe la porte de la maison en rentrant du boulot, ils se jettent sur moi pour les partager.

Mes enfants avaient tous plus de 10 ans quand nous avons commencé, mais j'imagine que ça fonctionne bien avec de plus jeunes.
J'en discutais avec des copines qui ont été séduites par le concept et l'appliquent également chez elles, alors je suis heureuse de le partager avec vous.

A consommer sans modération.

30.6.17

Liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiibre

Ô zamis si tu savais, tout le mal que l'on m'a fait, en cette fin d'année, j'ai cru mille fois trépasser.

Rien ne sera jamais plus pareil, j'ai vu plus d'horreurs que de merveilles, les profs sont devenus fous à lier, ô zamis je t'en prie, viens m'achever, ooooooooooooooooooh.

Ô zamis si tu savais, les partiels et le brevet, déjà c'était bien chiant, mais y a avait aussi l'bac de français.

Et oui, sur l'air de qui tu sais et même que tu vas l'avoir dans la tête toute la soirée. Ne me remercie pas, c'est cadeau.


2.6.17

Tout pareil - le portrait chinois

En suivant l'exemple d'Anne et de Daphnénuphar. Si j'étais...

une couleur : cuivrée

une fleur/plante : une pivoine ou un coquelicot

un objet : un mouchoir en tissu

une heure : Entre 4 et 5h de mat, c'est l'heure où mon cerveau se libère de toutes mes idées pour me permettre d'écrire quand je ne suis pas trop fatiguée.

un lieu : assise à table sur notre terrasse les soirées assez chaudes pour que nous dînions ensemble (en riant souvent trop fort).

un animal : un phénix

quelqu'un d'autre : celles et ceux auprès desquels je me sens bien dans le silence.

un plat : une salade composée

un paysage : dégagé et offrant des lumières différentes

un sport : le basket, pour l'adrénaline qu'il me donne encore, sinon la voile pour la sensation de liberté qu'elle m'offre.

un instrument de musique : la voix

un gâteau : le Pithiviers, le premier réussi seule

un vêtement : une robe en coton

une matière : la plus proche possible de celle de la peau

une émotion/sentiment : l'espoir

Chic odeur

Le TGV doit être pour moi une sorte de 3ème dimension, mon triangle des Bermudes, où il ne m'arrive que des choses improbables. Et encore je ne vous ai pas raconté la fois où une jeune femme (à laquelle je n'avais rien demandé) m'a raconté sa vie pendant tout le trajet, un mélange de Rémi sans famille, princesse Sarah, les misérables et Germinal ; ni la fois où seule dans la voiture de 1ère avec un WASP façon bourgeoisie lyonnaise, il a absolument voulu me parler pendant la fin du trajet en me dévorant des yeux et m'a embrassée sur la bouche (sans que je l'y ai autorisé, soyons clairs) en arrivant à quai avant de se sauver à toute vitesse, me laissant coite. Et j'en oublie.

Je disais donc que le TGV est décidément pour moi le lieu de toutes les rencontres, plus ou moins intéressantes, plus ou moins surprenantes, mais toujours intenses visiblement.

Tout comme cette dernière fois où une odeur, que je perçus au moment une élégante dame s'assit en face de moi, me saisit de façon embarrassante.
Il se trouve que j'ai l'odorat très sensible, au point que je peux détecter à un mètre celui qui a bu le moindre le verre d'alcool (si je suis sobre), a fumé la moindre cigarette (si nous ne sommes pas dans un lieu enfumé) et a oublié de se brosser les dents, si je suis face à lui.
Un odorat digne d'un cochon truffier vous disais-je donc (voire d'une cochonne amatrice de glands, dirait mon médisant ex-époux), qui tolère difficilement les aisselles adolescentes en mode vacances et plus mal encore les voisins fumeurs qui pensent que l'air ne circule pas.

Aussi, quand dame l'élégante, avec son joli haut, son joli sourire et ses jolies mèches Franck Provost s'est assise en face de moi, ce ne fut pas : « le poids des mots, le choc des photos », mais plutôt "comment est-ce possible de sentir l'égout à ce point et de continuer de sourire comme si de rien n'était ???"
Pour être tout à fait franche, j'ai d'abord soupçonné le voisin de derrière, portant un tee-shirt acrylique que j'aurais pu incriminer, mais plus les secondes passaient (plus lentement que d'habitude me semble t-il, « ô longue agonie »), plus je réalisais que la fautive ne pouvait être que la souriante et fétide ménagère de moins de 50 ans chic assise en face de moi.

Étant déjà très fatiguée par mon périple parisien, je n'avais que moyennent envie d'empirer mon mal de tête en m'infligeant l'épreuve de passer 2 heures à respirer son fumet. Et pourtant j'avais expérimenté le métro parisien aux heures de pointe par des journées de grande chaleur, alors autant dire que rien ne m'effrayait, mais là c'était de l'odeur putride de compétition. Aussi, sans aucun tact, j'ai plié mes affaires et me suis repliée loin derrière dans la voiture pour m'installer sur un siège libre.

En me levant j'ai entendu la dame dire aux deux jeunes filles qui se trouvaient dans la rangée d'à côté d'une voix amusée : « je sens bien qu'il y a un problème... je sais que je sens mauvais ».
J'étais stupéfaite. Peut-être cette pauvre femme était-elle atteinte de triméthylaminurie, mais je n'ai pas la compassion olfactive, même s'il m'est arrivé à moi aussi de faire de mauvais choix vestimentaires que ma peau ne tolérait pas.

Ce qui m'a le plus étonnée c'est que cette dame semblait véritablement satisfaite de sentir mauvais. Elle ne semblait pas le moins du monde gênée, c'était presque comme si elle l'avait fait exprès pour une caméra cachée ou pour relever les réactions des autres voyageurs afin de répondre à une étude sociologique sur la résistance olfactive des usagers de la SNCF.

A vous je peux le dire, j'ai peur de retourner dans le TGV...

28.3.17

Blogger ça suffit !

D'abord y a eu Daph qui a dit qu'elle ne pouvait plus laisser de commentaires depuis un moment visiblement, puis là j'ai vu sur ma messagerie que Zozostéo a laissé un commentaire alors qu'il n'apparaît pas sur le blog... Je ne sais pas ce que trafique Blogger mais croyez-bien que je vous aime toujours et que c'est bien indépendant de ma volonté.

Comme je suis d'une incompétence informatique souveraine je vais faire brûler des cierges virtuels en espérant que ça fonctionne à nouveau quand ça le décidera. Soupir

In ze tigivi

Pleinement consciente de ma chance de pouvoir partir en formation, alors que nos éducateurs nationaux peinent à obtenir ce qui est à la fois un droit et un devoir, j'étais excitée comme une collégienne à la veille de son premier rendez-vous au cinéma avec un garçon (même boutonneux).

Prévoyante, j'avais rempli le frigo à ras bord (sait-on jamais qu'une guerre mondiale se déclare sous 48h et que ma descendance décide de se gaver de pâtes et biscuits bios pour se rassurer – les réflexes psychologiques maternels sont parfois fascinants d'incohérence), préparé moult plats à réchauffer (alors que même le plus jeune de mes enfants est assez débrouillard pour se préparer les plats de base ), lavé et rangé tout leur linge dans leurs armoires (sait-on jamais, la météo fort clémente annonçait de belles journée ensoleillées, mais prises de folie mes têtes multicolores auraient pu décider de porter en superposition tous leurs vêtements justement ces deux jours-là) et parfaitement nettoyé et rangé la maison avant de partir (tout en sachant que je ne manquerais pas d'être extrêmement exaspérée par le bazar que je trouverais à mon retour).

Bref ! Je partais l'esprit tranquille et les baskets aux pieds. J'aurais pu opter pour le style follement élégant de ces femmes qui semblent vouloir laisser aux autres voyageurs un souvenir impérissable en arborant une mise impeccable, l'air détaché et légèrement hautain de la voyageuse aguerrie, mais je suis moi hein ! Alors l'élégance folle je veux bien, mais pas quand j'ai décidé de remplacer mon très élégant sac de voyage (mais ô combien inconfortable porté sur l'épaule quand il est trop chargé) par un sac à dos décontracté et chic à la fois.

J'avais donc pris soin d'embrasser ma descendance la veille avant son endormissement, car je devais me réveiller à 4h30 pour aller attraper le premier métro, puis le premier tigivi.
NOTA : j'suis pas une trouillarde, hein, mais il ne fait pas bon se promener dans les rues sombres et vides de la ville au petit matin quand Petitout, ton fils bien aimé, t'a expliqué quelques jours auparavant la recrudescence des rats des villes* de plus en plus agressifs, qui semblent poser bien des soucis aux services d'hygiène de la métropole dans laquelle vous vivez. Je suis presque certaine d'avoir entendu une bande de rats comploter pour savoir par quelle partie de ma charnue anatomie ils allaient attaquer lorsqu'ils se jetteraient tous ensemble sur moi pour me dévorer, mais pour ma défense je n'avais réussi à dormir que 2 heures cette nuit-là.

Vous l'aurez compris, toute au stress de laisser mes bébés... [Aparté : Oui, on peut avoir respectivement 19 ans, 16 ans et 14 ans, mesurer plus de 2 mètres pour l'aîné et les atteindre allègrement pour le plus jeune, avoir désormais un corps et un esprit féminin, pour la représentante au chromosome XX du groupe et rester dans le cœur et la tête de sa maman : son bébé.
Ne vous épuisez pas à essayer de me faire entendre raison sur ce point, je sais que ce sont désormais des adultes (ou presque), je les traite comme tels, reconnais leur maturité et leur capacité à faire face aux problèmes avec intelligence et détermination, mais je vous jure que même si je ne dis rien pour les laisser se confronter à la vie, lorsque l'on s'en prend à eux au fond de moi je suis tellement en colère que c'est comme une transformation en Hulk de l'intérieur. Dans ces cas-là ce sont mes bébés qu'on attaque et j'ai envie de déchiqueter l'agresseur avec mes dents, même si je semble impassible. Ce doit être hormonal, je pense.]... je m'étais agitée jusqu'à l'épuisement, avais peu dormi mais réussi à me réveiller à l'heure et me doucher en un temps record.

Re-bref ! Je partais guillerette, sereine et en me disant que c'est drôlement chouette quand vos enfants grandissent et je suis arrivée à l'heure en gare tigivi. Je me suis d'abord amusée à observer le public des grandes gares à la première heure, ai décidé à la dernière minute de m'acheter un thé et une viennoiserie pour me sustenter dans le tigivi et c'est toujours aussi guillerette que je suis montée dans ce dernier avec le sourire béat de la provinciale qui a l'impression d'aller conquérir le monde, alors qu'elle se rend juste dans la capitale, où elle a vécu pendant plus de 30 ans, rappelons-le.
La provinciale guillerette et agaçante avec son sourire 10000 lux de 6h du mat, a dû entrer à toute vitesse dans la voiture en partie basse. En arrivant au niveau de mon siège j'ai réalisé que je devais enlever mon encombrant sac à dos à toute vitesse pour le poser entre les deux rangées de sièges derrière moi et toute à ma hâte de le retirer de mon épaule assez vite pour laisser les autres voyageurs accéder au fond de la voiture dans cette allée étroite, mon sac trop lourd a basculé soudainement et à moitié assommé une voyageuse déjà installée dans le siège le plus proche.

Confuse, j'ai platement présenté mes excuses à la dame qui semblait peu encline à me pardonner. Je ne savais plus où me mettre (au sens propre comme au figuré) alors j'ai attrapé mon encombrant sac à dos, ai demandé à ma voisine de voyage de bien vouloir me laisser me mettre sur ma place (je prends toujours le siège fenêtre pour me perdre dans le paysage) et alors que je restais debout en attendant que les autres voyageurs s'installent pour repartir ranger mon sac à dos, sans réfléchir j'ai posé mon verre de thé sur mon siège qui s'est immédiatement renversé vers le siège de ma voisine et lui a brûlé les fesses peut-être au second degré (mais je n'en suis pas sûre, elle n'a pas voulu baisser son pantalon devant tout le monde pour me laisser vérifier).

Elle a jailli de son siège tel un diable de sa boîte (ou une femme brûlée aux fesses au second degré, au choix) et j'ai atteint le stade de mortification ultime - celui juste avant le désir de mort par combustion spontanée.

Mais la dame fort sympathique a semblé rassurée par le fait que son pantalon ne soit pas tâché et devant ma sincère contrition ne m'en a pas tenu rigueur. J'ai asséché sa partie de siège avec soin, ai posé délicatement mon mouchoir en tissu (oui je fais partie de ces personnes qui ont toujours de jolis mouchoirs en tissus sur elles, en plus des mouchoirs en papier jetables pour l'hygiène) et le reste du voyage s'est déroulé sans encombre dans la torpeur du premier tigivi du matin.

Je l'avais oublié toute amoureuse que je suis de notre ville d'adoption, mais pu...fichtre, que Paris est belle sous le soleil !

p.s : je vous épargne le récit de la provinciale qui souriait béatement en marchant dans les rues parisiennes et même dans le métro parisien, car je n'ai plus blessé personne alors c'est moins intéressant.

* jamais là quand il faut l'autre avec avec sa flûte !

25.3.17

A vous je peux le dire

J'aime vraiment beaucoup les adultes que deviennent mes enfants.

Les mots de retard

A l'époque du collège je ne comprenais pas ce rituel qui consistait à remplir une fiche de renseignements, indiquant le métier des parents.
Déjà à l'époque ça me grattait aux entournures, tant cette pratique me semblait destinée à s'accorder les inclinations favorables ou défavorables de l'enseignant.

Mon incapacité à remplir des cases pour mieux m'y enfermer n'ayant fait que grandir avec moi, quand mes enfants sont entrés à l'école j'ai eu toutes les difficultés du monde à remplir les formulaires administratifs avec la docilité le sérieux requis.

Pour Toutgrand, toute soucieuse que j'étais de passer pour une mère « la plus normale possible », la première année de maternelle je me suis pliée à ces rituels, mais très rapidement j'ai cherché à comprendre. Alors j'ai demandé en quoi le fait de savoir si nous étions de nationalité française et les métiers que nous exercions changerait en quoi que ce soit les conditions de scolarité de nos enfants, dès lors que leurs inscriptions avaient été acceptées.
Systématiquement on m'a répondu que ces renseignements servaient à établir des statistiques, plus tard on a même rajouté que ça permettrait de faire le lien entre les catégories socio-professionnelles des parents et la réussite scolaire des enfants...

Je pense avoir fait l'admiration de la personne en charge de la saisie des informations statistiques dans notre académie, qui m'a connue tour à tour dresseuse de tigres, spationaute, horlogère, tisseuse de soie, chanteuse lyrique, fleuriste spécialisée en fleurs des champs, conductrice de poids lourds, vitrailliste, ébéniste, tourneuse-fraiseuse, etc.
Rassurée, elle n'a sans doute pas eu de doutes quant à la fabuleuse stimulation intellectuelle dont bénéficieraient nos enfants au cours de leur scolarité, en étant éduqués par une mère aussi polyvalente.

Lors des réunions de rentrée parents/profs sur la fiche de présence à remplir dans la colonne  lien avec l'élève  j'ai souvent écrit marâtre, syndrôme de stockholm, indéfectible, affectif, maintenu, génétique, spirituel, familial, etc.

Les affaires se sont corsées à partir du collège. Comment faire pour remplir les mots de retard ? Autant les absences peuvent être l'objet de maladies rares et merveilleusement exotiques, mais un retard, à part « problèmes de réveil », « circulation » ou « retard de bus », que mettre ?

Autre problème de taille, dans sa quête d'acceptation sociale l'adolescent n'apprécie pas du tout, mais alors PAS DU TOUT, la moindre tentative de fantaisie maternelle, jusque dans les mots de retard.

Le plus adolescent de mes 3 têtes multicolores, à savoir Petitout, ne m'épargne rien de ma condition de mère d'adolescent. S'il est en retard il me fera la grâce d'accepter que je l'accompagne au collège, mais en le déposant dans une rue parallèle d'où je ne risquerai pas d'être visible des autres collégiens. Si je refuse de l'accompagner il se plaindra d'avoir une mère sans cœur et indifférente qui aura porté plus d'attention bienveillante à ses deux aînés. Si je m'habille avec élégance il me soupçonnera d'être complexée socialement, si je m'habille de façon plus décontractée il me reprochera de me laisser aller. Bref, vous l'aurez compris : quoi que je fasse ça n'ira pas !

Forte de ce constat, il m'arrive de laisser libre cours à ma vraie nature sans me soucier des remontrances adolescentes. Ainsi, pour son premier retard de l'année à l'emplacement « motif» j'ai indiqué : « désynchronisation familiale ». Pour le second j'avais opté pour « indolence provoquée par un déséquilibre hormonal lié à la puberté »
Ces motifs n'ont vraisemblablement pas été considérés comme valables par l'éducation nationale, pourtant ça me semblait plus juste que « problèmes de circulation » ou « panne de réveil ».

Honteux, par la suite Petitout a surveillé de près tout écrit de ma part et je n'ai guère pu faire preuve de lyrisme administratif.
Mais chers amis à cet instant je me réjouis, Petitout a eu deux retards cette semaine et j'ai tout un week-end pour réfléchir à de nouveaux motifs, si vous êtes inspirés merci de partager.

6.2.17

Des souvenirs bien au chaud

Ayant été sommée de quitter le domicile conjugal je n'avais pu emporter dans mon nouveau nid que les 3 albums photos de naissance de mes têtes multicolores, 8 chaises, 1 tapisserie, 1 tableau et 1 miroir.
De nos nombreuses années de vie commune je n'ai rien récupéré, même pas les présents que mes parents m'avaient fait. Aussi depuis 3 ans j'ai dû équiper notre nid de l'essentiel, puis du superflu.

Quand il a fait très froid en décembre dernier et que nous voulions tout de même faire visiter à nos courageux amis venus pour le réveillon notre magnifique ville, j'ai réalisé que je n'avais plus de thermos et qu'il pourrait être vital de leur proposer chocolat chaud et vin chaud au cours des balades.

Je suis donc allée avec Petitout et Toutebelle faire les courses en prévision du réveillon et quand je me suis saisie des bouteilles isothermes Petitout s'est écrié : "Trop bien, ça faisait trop longtemps !"

Surprise je lui ai demandé de s'expliquer, il m'a répondu : "ben oui, souviens-toi quand tu venais nous chercher à la sortie de l'école, l'hiver quand il faisait très froid tu nous apportais du bon lait au chocolat chaud dans une thermos et on était refaits ! Nos copains nous enviaient toujours notre chocolat chaud".

J'étais émue, car je ne m'en souvenais pas, mais eux si.

Sainte épisiotomie

Puisque 2017 a été décrétée dans notre famille comme « Année de la fête », une fois par mois nous festoyons dignement. Ce fut chose faite pour le mois de janvier et j'étais toute contente d'avoir trouvé un chouette thème pour le mois de février, alors j'ai dit à mes têtes multicolores :

« En février nous pourrons fêter les 19 ans de mon épisiotomie ! »

Toutgrand : « Pfffffff ! Tu ne me voleras pas la vedette, on fêtera comme d'habitude MON ANNIVERSAIRE ! *»

Ça se confirme, ce gamin a vraiment la grosse tête.


*Super chouette week-end avec les cousins, papy et mamy Névrosia, ainsi que mon namoureux, qui ont tous dormi à la maison. Vivement le mois de mars !

Bon à s'en badigeonner le corps

Pour cause de naissance proche de la chandeleur, Toutgrand a toujours eu la crêpe dans le sang.
Pas moyen d'y échapper, alors ce jeudi n'a pas fait exception, j'ai essayé une nouvelle recette de pâte à crêpes, ce fut un grand succès familial. Néanmoins je dois reconnaître que cette année la crème de chataîgnes y était pour beaucoup.

Avant je ne comprenais absolument pas l'engouement de l'être humain pour la crème de marrons de la marque qui détient en France le monopole, mais après avoir goûté celle faite par le chéri de Dany :

1) je comprends encore mieux pourquoi la dame est toujours aussi éprise de son époux (l'incroyable onctuosité et le parfait équilibre entre fruit et sucre sont juste indécents, il doit avoir des pouvoirs magiques !).

2) je ne PARTAGERAI PAS LE RESTE DU POT ! (que ce soit clair pour tout le monde)

3) sioupléééééééééééééééééé pitiéééééééééééééé laissez-moi venir assister à la prochaine cuisson de crème. Je serai bien sage promis et je ne goûterai presque rien.